Après le passage d’une catastrophe naturelle majeure, l’émotion collective pousse les sinistrés à chercher des responsables, des solutions. La demande sécuritaire se fait plus prégnante. Des mesures sont alors mises en place. Or au fil du temps cette demande s’amoindrit car l’on « passe à autre chose ».

Les conséquences des catastrophes naturelles sont néanmoins, très importantes. Elles ont en effet causé pour 330 milliards de dollars de dégâts l’an dernier soit près du double de 2016 à l’échelle mondiale. Plus de 9.500 personnes ont également  péri lors de catastrophes naturelles l’an dernier.[1]

Source : Bureau des Nations Unies pour la Réduction des Risques de Catastrophe 

En France, par exemple la fédération des sociétés d’assurance a sorti en décembre 2015 une étude assez inquiétante. Ils prévoient en effet un doublement à l’horizon 2040 de la facture des indemnisations liées aux inondations et à la sécheresse.

Le risque est de plus présent du fait de l’augmentation des catastrophes naturelles. Les inondations représentent le risque le plus important. Ainsi il est important d’être conscient de ce risque afin de gérer au mieux les situations de crises.

1 Français sur 4 et un emploi sur 3 sont aujourd’hui potentiellement exposés aux inondations, principal risque majeur national au titre du nombre de communes concernées et du coût économique des catastrophes.[2]

L’Aude en France est un département durement touché par le phénomène d’inondation.

Elle a en effet été touché en 1999 de façon très importante, 35 personnes ont trouvé la mort  après cette catastrophe des plans à l’échelle nationale ont été adoptés et une amélioration de la prévision météorologique a été amorcée afin de gérer les risques et d’informer au mieux la population.

Cependant on constate notamment après les évènements plus récents qui ont eu lieu dans la même région en 2018 que peu d’habitants sont informés des réflexes à avoir en cas d’inondation. La connaissance de ces bon gestes à avoir peut sauver des vies il est donc primordial de bien les maitriser afin  de réduire le danger, limiter les conséquences néfastes.

Dégât dans la ville de Trèbes en février 2019 après les inondations d’octobre 2018

Prendre conscience du risque  

La prise de conscience est le seul moyen véritable de se protéger face aux catastrophes naturelles.  Elle permet de maitriser certains aspects du risque. Ainsi pour  les procédures d’évacuation, la mise à l’abri des biens et des personnes il est déterminant de savoir à quoi l’on se prépare afin de pouvoir être le plus efficace possible. La prise de conscience va également permettre une meilleure organisation de l’alerte en amont de la catastrophe et de la gestion des conséquences en aval. La connaissance du risque est le meilleur moyen de le maitriser.

On peut cependant se demander s’il existe une véritable compréhension de la probabilité de répétition du risque ?

Les dommages après une catastrophe sont-ils une preuve de l’impuissance face aux risques ?

Il existe en effet un sentiment d’impuissance, de fatalité face aux risques, on ne possède pas de réelle emprise sur ces derniers. Il est donc  difficile de se projeter, de visualiser le risque et ses conséquences d’où la difficulté à s’y préparer.  Cette difficulté à prendre conscience du risque  augmente la vulnérabilité des populations face aux risques. En moyenne, 211 millions de personnes sont directement touchées chaque année par les catastrophes naturelles, ce qui représente près de cinq fois le nombre des victimes de conflits.[3]

Un rapport récent du Bureau des Nations Unies pour la réduction des risques de catastrophe (UNISDR) a révélé que les catastrophes naturelles avaient tué 1,3 million de personnes au cours des 20 dernières années et laissé 4,4 milliards de personnes supplémentaires blessées, sans abris ou nécessitant une aide d’urgence.

Selon cette agence onusienne basée à Genève, les pertes économiques liées aux désastres climatiques ont atteint près de 2245 milliards de dollars, soit 77% du montant de 2.908 milliards dollars de dégâts enregistrés entre 1998 et 2017.

Se prémunir du risque

La prise de conscience des populations passe d’abord par celle des états, et collectivités territoriales. Ils mettent en effet en place des plans d’action qui vont par la suite être diffusés aux populations.

Après chaque évènement, de nouvelles mesures sont prises afin de faire en sorte que le prochain sinistre ait moins d’impact. Ainsi les importantes inondations dans l’Aude en 1999 ont conduit le gouvernement français à repenser la gestion du risque inondation. Ces inondations avaient en effet causé  la mort de 26 personnes ainsi que d’importants dégâts matériels.

L’information et la prévention sont donc primordiales afin de faire face aux risques. Ainsi, de nombreux plans ont été mis en place afin de réduire les conséquences des inondations.  Les PAPI (Programmes d’Actions de Prévention des Inondations) crées en 2003 traduisent cette volonté de prévenir le risque inondation. Les PAPI ont ainsi pour but de réduire la vulnérabilité face au risque inondation.

Pour conclure, la prise de conscience de chaque citoyen du risque  est donc nécessaire afin de diminuer l’impact des catastrophes. De plus, les plans de prévention mis en place ne peuvent pas être efficients sans une prise de conscience collective.


[1]Rapport du Bureau des Nations unies pour la réduction des risques de catastrophes (UNISDR)

[2] Ministère de la Transition écologique et solidaire.

[3] Bureau de la coordination des affaires humanitaires (BCAH)