Nous continuons avec cet article notre série, sur le réchauffement climatique. Nous allons cette fois, porter notre attention sur les villes, et leurs liens avec cette problématique.

En effet,  le taux d’urbanisation dans le monde a considérablement augmenté au cours du siècle dernier. En 1950, la population urbaine ne représentait que 30 % de la population mondiale. Aujourd’hui  55% des humains à travers le monde sont des urbains selon l’ONU[1] qui prévoit que 68% des humains vivront dans des villes d’ici 2050. Ce chiffre est donc en constante augmentation. De plus si l’urbanisation a touché les pays industrialisés au milieu du XXe pour les pays du Sud c’est maintenant que l’urbanisation explose. En effet toujours selon le même rapport de l’ONU, la population urbaine sera concentrée sur le continent africain et asiatique et plus particulièrement, dans quelques pays tels que l’Inde, la Chine ou encore le Nigéria.

De plus, beaucoup de villes, n’ont pas été conçues à la base pour accueillir tant de personnes, en si peu de temps, car cette croissance s’est faite rapidement. Il existe donc un manque d’infrastructures en tout genre (écoles, hôpitaux, routes). Cela entraîne plusieurs défis à gérer.

En effet, comment créer des infrastructures des systèmes d’assainissement pour plusieurs millions de personnes ?

La surpopulation de certaines villes ou leur croissance trop rapide a engendré plusieurs problèmes. Il faut repenser la gestion de la ville dans tous les domaines notamment en ce qui concerne :

  • La gestion des déchets
  • L’assainissement
  • L’accès à l’eau potable et à l’électricité
  • L’accès au service
  • Les transports

Ce sont des défis que les grands centres urbains vont devoir gérer afin de ne pas dégrader la qualité de vie des habitants qui les occupent.

Urbanisation, l’exemple de Dakar

La ville de Dakar, capitale du Sénégal a été originellement conçue pour accueillir 300 000 habitants, elle en a aujourd’hui  3 millions. Cette forte croissance urbaine est notamment due à un exode rural important. Ainsi les services publics sont submergés et peuvent difficilement gérer tout ce flux humain qui s’installe quotidiennement dans la ville. Il faut donc repenser complètement le plan urbain de la ville afin de pouvoir répondre aux besoins des dakarois.

Circulation dans une ville en Afrique

surpopulation dans les grandes villes

Enfin cette urbanisation importante à de sérieuses conséquences sur l’environnement. La pollution de l’air par exemple s’est amplifiée. De plus, cette concentration de populations spécialement dans les villes situées en zone côtière basse augmente le risque d’inondation.

La très grande urbanisation est donc une cause du changement climatique et de l’accentuation des risques. Les villes sont en effet plus vulnérables aux risques.

Il convient donc de trouver des solutions c’est dans ce cadre que se développe les smart cities.

Les smart cities une solution pour adapter les villes aux défis du réchauffement climatique

La Smart City, ou ville intelligente a globalement pour objectifs, l’optimisation des coûts,  et l’amélioration du bien-être et de la qualité de vie des habitants.

La Smart City tend à répondre aux nouvelles problématiques sociétales et environnementales que nous avons énoncées précédemment, et qui découlent des conséquences du réchauffement climatique, de la surpopulation et de l’urbanisation grandissante. Le but d’une ville intelligente est avant tout la durabilité, mais également l’harmonie entre les Hommes, la technologie et les infrastructures.

Le concept de ville intelligente est plutôt récent, et découle du constat qu’il faut adopter un modèle de développement plus durable et que cela doit passer par les villes.

Les smart cities constituent-elles des solutions duplicables à tous les pays ?

De la Corée du Sud à l’Europe, en passant par la chine l’Inde et le Moyen-Orient et maintenant l’Afrique de nombreuses villes tentent l’expérimentation. Cependant de nombreuses questions restent en suspens. Est-il possible de développer les smart cities à grande échelle ? Les expérimentations montrent que certaines actions développées par les smart cities sont possibles à grande échelle.

Ainsi une meilleure gestion des déchets grâce à la technologie est possible. Par exemple à Melbourne, les poubelles publiques pourvues de détecteur enverront un message aux services de ramassage des ordures, lorsqu’il est temps de les vider.

Les Smart Cities grâce à l’utilisation de technologies innovantes entendent donc,  apporter des solutions aux problèmes des villes. Cette initiative globalement bien accueillie est toutefois également l’objet d’inquiétudes voire de critiques dans une certaine mesure.

Les Smart Cities constituent des laboratoires que certains jugent peu viables à grandes échelles. Elles ne résolvent pas le problème des villes à l’échelle nationale. Dans les villes africaines où ces projets sont développés, elles sont même vivement critiquées tant elles paraissent en décalage avec la réalité de la majorité des habitants de ces villes. En effet ces projets futuristes côtoient des bidonvilles où l’accès à l’eau potable courante n’est même pas assuré.

Une des critiques les plus récurrentes  concernant les Smart Cities réside dans le fait qu’il existe  un manque d’encadrement qui fait craindre des dérives sur le plan sécuritaire, notamment en ce qui concerne la  protection de la vie privée des citoyens.

La ville reste  un acteur important du réchauffement climatique, si elle est source de nombreux problèmes, elle reste également un vecteur de solutions important comme nous l’avons vu à travers l’exemple des smart cities qui continuent à se développer à tel point que d’ici 2050, 7 personnes sur 10 dans le monde vivront dans une ville intelligente.

[1] Rapport du Département des affaires économiques et sociales de l’ONU (DESA).