La conférence initialement prévue au Brésil a finalement eu lieu à Madrid du 2 au 15 décembre 2019 après le retrait de l’accord de l’hôte Jair Bolsonaro, président brésilien.

Manque d'ambition et intérêts mitigés

Un accord en demi-teinte qui n’a pas fait l’unanimité a conclu cette 25éme conférence pour le climat.

La clôture de la conférence a dû être repoussée à de nombreuses reprises tant les différents pays ont paru divisés sur les sujets clés. La communauté internationale a perdu une occasion importante de faire preuve d’une ambition plus grande », a regretté le secrétaire général des Nations unies (ONU), Antonio Guterres. Le slogan de cette 25e édition « le temps de l’action » n’a donc pas été respecté, puisque peu de mesures concrètes ou d’accords de grandes envergures n’ont été conclues.

80 pays se sont engagés à faire davantage d’ici à l’an prochain, mais il s’agit de nations émergentes ou d’îles du Pacifique déjà menacées de submersion. Ces pays ne représentent que 10 % des émissions mondiales.

Photo call des dirigeants lors de la journée d'ouverture de la Cop25 (source : UN.ORG)

L’Union européenne a pris par ailleurs une décision historique en annonçant sa neutralité carbone en 2050. Cependant les gros émetteurs de CO2 (Chine, Inde, Brésil, Australie, Japon et surtout États-Unis) ont écarté tout efforts supplémentaires dans l’état actuel des choses. En effet, aucun de ses grands émetteurs de gaz à effets de serre, n’ont fait d’annonces significatives pour témoigner de leurs ambitions à relever les défis du changement climatique.

Plusieurs déceptions ont ponctué cette Cop 25, notamment l’absence d’un accord concret sur la question des marchés carbones internationaux.

Le marché carbone vise à réduire les émissions de gaz à effets de serre, ces gaz sont en effet, responsables du réchauffement climatique. Le marché carbone fonctionne selon le principe du « pollueur payeur ». Ainsi, le marché carbone consiste à faire payer aux émetteurs de gaz à effet de serre le coût de la nuisance que cela représente pour le climat. Il permet également aux pays les moins pollueurs de revendre des quotas à ceux émettant plus.

Pourquoi ce marché carbone a-t-il du mal à voir le jour ?

Plusieurs points de discordes existent :

Tout d’abord la question du « double comptage ». Ainsi, les plus gros pays pollueurs et les pays pétroliers notamment amenés par le Brésil, l’Arabie Saoudite, L’Inde et la Chine, misent sur l’instauration d’un marché mondial aux règles contraignantes. Ils voudraient par exemple, que le paiement de la taxe soit supporté par le pays vendeur de quotas et par le pays acheteur. Cependant, si l’on suit cette règle les émissions sont réduites sur le papier et les états payent moins de taxes.

Ensuite, il y a la question du sort des restes des crédits carbones issus du protocole de Kyoto de 1997. L’Europe souhaiterait qu’il y ait plus de transparence sur le reversement des crédits, souvent mal contrôlés dans le nouveau marché carbone. La Chine, l’Inde et le Brésil détiennent 60% de ces crédits.

Cette question, déjà l’objet de débat lors des conférences précédentes reste donc en suspens.

Teresa Ribera ministre espagnole de l'Environnement à la Cop25

La ministre espagnole de l’Environnement Teresa Ribera, résume cette conférence à «deux visions» très claires. «Ceux qui veulent aller plus vite et ceux qui veulent se retrancher derrière ce qui ne fonctionne pas, afin de ne pas avancer».

Une majorité d’actions restent donc en attente et tendent à être discuté lors de la 26e édition qui aura lieu à Glasgow fin 2020. La conférence de Glasgow est d’ores et déjà grandement attendue.